Sherlock Holmes: échec et mat
De Guy Ritchie | Box unten linksAventure
Le duo mémorable formé par Robert Downey Jr. et Jude Law rempile pour ce second volet des aventures du mythique enquêteur londonien. Mystères et bastons sont au programme.
Critique: Luca Da Pare
Nombreux sont ceux qui se plaisent à dénigrer le style de Guy Ritchie. Son amour inconditionnel pour le ralenti hyper stylisé. Sa soi-disant fâcheuse habitude à imiter la patte de Tarantino. Un certain manque de finesse et une prétendue superficialité que personne ne reproche jamais à un Lars von Trier (repensez au prologue vaguement apocalyptique et ultra esthétisant précédant son Melancholia). La raison est simple : l’un serait un artiste de génie, l’autre un réalisateur balourd et terre-à-terre.
Alors oui, Guy Ritchie use – ou abuse – d’un style très marqué qui est devenu, au fil des ans, identifiable dès les premiers instants. On peut ne pas y trouver son compte, mais on ne saurait ignorer que le bonhomme a du talent à revendre, et de l’audace à la pelle. Si l’on conserve encore en tête le sentiment de pur plaisir généré par le premier volet des aventures de Holmes et Watson, on en prend très rapidement plein la figure avec cette suite de haut vol, tant les ingrédients ayant fait le sel du premier ont encore gagné en saveur.
Cette fois-ci, Holmes affronte le plus terrible des ennemis à avoir jamais croisé sa route : le Professeur Moriarty himself, tout en mégalomanie, cruauté et autres desseins machiavéliques. Alors qu’il enquête sur une série de meurtres et d’attentats qu’il s’efforce de relier entre eux grâce à sa capacité unique d’assembler entre elles les pièces d’un puzzle qu’il semble être le seul à pouvoir reconstituer, Sherlock Holmes parvient à remonter une piste que lui fournit sans le vouloir la fougueuse Irene Adler. Ayant réussi à déjouer un attentat à la bombe, Holmes rend visite à Moriarty afin de se confronter à lui, et d’en apprendre plus sur ses plans démoniaques. Le duel s’amorce alors, avant de se muer en une bataille féroce menée aux quatre coins de l’Europe. Une Europe que Moriarty s’apprête à précipiter dans une guerre globale afin de servir ses propres intérêts.
Formidable de malice et de complexité, le Sherlock Holmes incarné par Robert Downey Jr. gagne encore en épaisseur dans cette suite faisant la part belle à l’action et aux situations tendues. Le tout est savamment orchestré, du scénario bien ficelé aux nombreux twists jalonnant un film qui déroule ses 129 minutes à un rythme ahurissant, et sans le moindre temps mort. Quelques scènes d’anthologie sont à retenir, notamment cette séquence où Holmes, après avoir sans ménagement jeté la compagne du Dr Watson hors d’un train en marche, parvient à neutraliser une demi-douzaine de sbires de Moriarty avant de faire exploser un wagon pour s’échapper. Quelques seconds rôles savoureux viennent encore rehausser un récit déjà bien charpenté, notamment l’excellent Stephen Fry, prodigieux sous les traits de Mycroft Holmes, le frère de Sherlock. Jared Harris campe quant à lui un Moriarty des plus convaincants, alors qu’on déplore la piètre performance de Noomi Rapace, pourtant crédible en tzigane farouche prête à tout pour sauver son frère des mains du conspirateur.
Avec sa mise en scène enlevée et son intrigue haletante, le deuxième volet des aventures du détective londonien réussit l’improbable exploit de faire mieux que son prédécesseur. Rien que ça.
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