Année sabbatique
En fin de cursus universitaire ? Si tel est le cas, une question doit tarauder l’esprit : que faire ? Interview énigmatique d'un connaisseur. Première partie.
Texte : Raphael Fleury
Nous avons rencontré Sébastien R., qui est en dernière année de Master à Lausanne, en Sciences politiques. Ce qu’il compte faire, une fois son diplôme en poche ? Prendre une année sabbatique.
• Raphael Fleury (RF) : Parle-nous quelque peu de ton parcours jusqu’ici.
• Sébastien R. (SR) : J’ai débuté mon cursus universitaire à l’université de Neuchâtel où j’ai fait un Bachelor en Lettres et sciences humaines, plus précisément en histoire, ethnologie et sciences de l’information et de la communication. Mon Bachelor obtenu, j’ai décidé de quitter la splendide petite ville de Neuchâtel (ndr : pointe d’ironie dans la voix), pour me rendre à Lausanne, afin de suivre un Master en Sciences politiques. Je suis actuellement au dernier semestre de ce cursus.
• RF : Bilan de tes études universitaires ? Satisfait ou remboursé ?
• SR : Bilan mitigé. Je suis plutôt satisfait d’avoir suivi un cursus universitaire. J’ai suivi certains cours
passionnants, acquis des capacités de réflexion, d’analyse et de synthèse remarquables, rencontré des étudiants très sympathiques et participé à des fêtes mouvementées. Malheureusement, j’ai également suivi des cours ennuyeux, où les profs ne se donnaient pas la moindre peine : ils se contentaient de lire leur powerpoint. De plus, les examens sont souvent mal répartis et certains cours se chevauchent. En bref, l’organisation n’est vraiment pas terrible. On a parfois l’impression que l’université cherche à faire fuir ses étudiants, en les poussant à finir le plus rapidement possible leurs études.
• RF : Tu m’as dit vouloir prendre une année sabbatique. Pourquoi ? Ras-le-bol de courir les couloirs de la fac’ ? Envie d’évasion avant d’entrer dans la vie professionnelle ?
• SR : En effet, j’aimerais bien prendre une année sabbatique à la suite de mon Master. Après avoir fait mes études en bloc, sans aucune pause, j’aimerais effectivement m’évader un peu du quotidien académique, avant d’entrer dans la vie professionnelle.
• RF : Que comptes-tu faire de cette année sabbatique ? Les choses se feront à l’arrache, ou selon un dessein clair ?
• SR : J’hésite encore entre deux projets. J’aimerais soit travailler pendant six mois afin de partir
ensuite à l’étranger dans le but de perfectionner mon anglais, soit effectuer des stages dans des organisations internationales ou à l’ambassade. Par ailleurs, je pense qu’une année sabbatique doit clairement faire l’objet d’une réflexion préalable et être préparée. Dans le cas contraire, pour moi, je suis pratiquement certain de ne rien faire ou de me prélasser sous les cocotiers.
• RF : Des plans précis pour l’après-sabbat ?
• SR : Soit reprendre les études, soit entrer dans cette vie professionnelle si cruelle et tant redoutée par les étudiants. Si je devais reprendre les études, je me lancerais dans un Master en Droit.
• RF : Nous nous adressons aux étudiants de Romandie. Donne-leur au moins une bonne raison de prendre une année sabbatique.
• SR : Je me préoccupe de la santé des étudiants, par conséquent je n’aimerais pas qu’ils fassent un burn-out (ndr : petite pause, ponctuée d’un sourire malicieux). Surtout les étudiants en Lettres (ndr : rires).
• RF : Ce mois, sur semestra, le thème est « Envol ». Tu m’as dit effectuer en ce moment un travail de Mémoire assez particulier, qui va te demander de prendre l’avion prochainement.
• SR : En effet.
• RF : Ce sera donc l’occasion de te poser de nouvelles questions, et de présenter la semaine prochaine notre entretien aux étudiants-internautes. Merci, et d’ici là, vale !
Tags: Année sabbatique, envol, Raphael Fleury, Université de Neuchâtel
Article paru le 06.02.2012 à 10:31 Uhr
