Au Maroc pour un mémoire
La semaine passée, nous avions rencontré Sébastien R., étudiant en Sciences politiques à l’Université de Lausanne, afin qu’il nous parle de son projet d’année sabbatique. Mais sa réalité présente, c’est le mémoire. L’occasion d’une seconde rencontre.
Texte et interview: Raphael Fleury
Tout universitaire, pour autant qu’il désire obtenir un diplôme de Master, doit passer par l’épreuve fatidique du mémoire. Un nombre de pages impressionnant à rédiger, des centaines de milliers de caractères tachant le papier, un travail en amont qui se paie par les nuits blanches, la sueur, les larmes peut-être. Sébastien R., étudiant en Sciences politiques à l’Université de Lausanne, partage avec nous son projet de mémoire, plutôt original.
• Raphael Fleury (RF) : En ce moment, tu baignes dans les joies du mémoire universitaire. Ton sujet ?
• Sébastien R. (SR) : J’ai décidé de me pencher sur les commerçants et petits entrepreneurs chinois au Maroc, plus précisément à Casablanca, en me focalisant avant tout sur leur parcours migratoire, leur profil, et leur activité commerciale.
• RF : Pourquoi ce choix ?
• SR : Premièrement, parce que j’ai suivi un cours sur les relations entre la Chine et l’Afrique qui m’a particulièrement intéressé et donné l’envie de creuser cette thématique. Deuxièmement, parce que j’aimerais mieux comprendre cette présence chinoise en Afrique.
• RF : Fin 2011, tu es parti au Maroc pour ton mémoire. Chose peu commune ! Tu tenais à te rendre sur place ?
• SR : Oui, c’est vrai, je suis parti quelques jours au Maroc à la fin du mois de novembre 2011, dans le but de faire mes premiers pas sur le terrain, de déterminer le lieu où se trouvent les commerçants chinois et de m’entretenir avec eux. Ce séjour, bien que trop court, m’a été bénéfique et m’a conforté dans mon choix de sujet. Il est important pour moi de me rendre sur place, afin de pouvoir aller au-delà du discours alarmiste servi par les médias occidentaux notamment.
• RF : On sait que le Maroc a une position particulière au sein du printemps arabe. Il n’est pas directement touché, mais de manière indirecte, et nécessairement, il l’est. En somme, une position complexe et délicate*. Toi qui étais au Maroc il y a peu de temps, dis-nous quelle ambiance y règne et ce que tu as appris des autochtones.
• SR : Je suis arrivé deux jours après les élections législatives remportées par les Islamistes du PJD (Parti de la Justice et du Développement). Je n’ai rien vu ni ressenti de particulier. On m’a toutefois affirmé qu’il y a eu une certaine animation, des cris de joie à l’issu des résultats. Certaines personnes m’ont également dit que cette élection ne servait à rien, qu’elle ne changeait pas la donne, dans un pays touché par la crise, où les salaires sont bas et où le taux de chômage est relativement élevé, surtout chez les jeunes.
• RF : Tu y retournes bientôt. Combien de temps vas-tu y passer ? Quels sont tes plans ?
• SR : En effet, je retourne au Maroc, à Casablanca, pour une durée d’un mois environ. J’essaierai de travailler studieusement, je me rendrai chaque jour dans le quartier où se trouvent les commerçants chinois. Une fois de retour à l’hôtel, je mettrai mes notes au propre. Enfin, ce sont du moins mes résolutions ! (NDR : rires.)
• RF : Que représente pour toi une telle expérience ?
• SR : Je pense que ce type de séjour est tout à fait unique. Je pars seul, loin de ma famille et de mes amis, pour vivre dans un pays arabe et m’entretenir avec des Chinois. J’espère vraiment profiter un maximum de ce voyage, et rentrer en Suisse avec des souvenirs inoubliables.
• RF : L’université de Lausanne participe-t-elle aux frais qu’occasionne ton mémoire ?
• SR : Pour l’instant, pas encore, mais j’ai fait une demande qui est en cours de traitement, et qui pourrait aboutir positivement. J’espère au moins être soutenu financièrement dans une certaine mesure.
• RF : Mémoire, certes. Mais, travail mis à part, tu vas profiter de faire d’autres choses au Maghreb, non ?
• SR : Non, je pense travailler 24h/24 (NDR : rires). Evidemment non : je compte profiter pleinement de Casablanca, que ce soit pour déambuler en ville ou goûter aux succulents mets locaux. Je ne parle même pas de la vie nocturne, que j’expérimenterai et que je souhaite torride. D’après ce que j’ai pu entendre, il y a des chances que ce soit le cas.
• RF : De retour au pays, quelles seront les prochaines étapes de ton mémoire ?
• SR : A l’heure qu’il est, je préfère ne pas y penser !
*Omar Saghi a écrit un article à ce sujet, pour « Le Soir », le 6 février dernier. Pour le consulter, cliquez ici.
Tags: Maroc, Raphael Fleury, travail de mémoire
Article paru le 13.02.2012 à 15:49 Uhr
